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Ce rendez-vous bucolique avait pour but de permettre aux consommateurs de rencontrer quelques producteurs, et d'échanger sur la pratique et la philosophie des AMAP, ces associations pour le maintien de l'agriculture paysanne. Il s'agit d'un partenariat de solidarité mutuelle entre un collectif de consommateurs et un producteur, qui se traduit par un système de distribution de paniers composés de produits de la ferme.

Dans une AMAP, les consommateurs choisissent avec l'agriculteur les légumes à cultiver, le prix de la souscription et les modalités de distribution. Chaque consommateur achète à l'avance sa part de récolte qu'il viendra récupérer pendant la saison de production, participant en cela aux risques climatiques et aux aléas de la production. Dimanche, il faisait très beau à Malplaquet, et la centaine de participants, après un pique-nique qui fleurait bon les années 70 et le désir d'un changement de mode de vie, écoutaient les intervenants, allongés dan! s l'herbe. Ainsi que le rappela Manuel Santiago, il s'agissait de la première réunion de ce type, permettant d'aborder différents thèmes.

Parmi les sujets évoqués, la vaccination obligatoire des animaux qui ne compte pas que des partisans. Martin Reutenauer constate qu'il n'y a plus que 2 % de la population française qui est agricole, en remarquant que ceux qui la composent sont ceux qui ont « bouffé » les autres. Mais il veut croire à la renaissance de l'agriculture, par le développement d'une agriculture solidaire et la vente en « circuit court ». Miguel Dupont, du syndicat Confédération paysanne et assistant parlementaire de l'eurodéputé José Bové, est venu parler du problème des viandes hormonées qui sont refusées, mais dont un quota est tout de même toléré, des petites entreprises et des grandes exploitations qui sont dénoncées, et surtout des circuits courts.

«Mieux valoriser les productions»

Le plan Barnier d'avril 2009 veut! favoriser ces circuits qui « permettent de mieux valoriser les productions, créer des emplois, et mettre en place une nouvelle gouvernance alimentaire à l'échelle des territoires ». La Confédération paysanne et divers parlementaires souhaitent oeuvrer pour sa mise en pratique au sein d'un comité national des circuits courts. Avec des remarques fondamentales, comme la location ou l'acquisition du foncier qui doit être soutenue par les financiers institutionnels, et la question de savoir si ce concept est applicable à n'importe quelle taille d'entreprise. Dans l'échange des questions-réponses qui suivit, il fut en particulier souligné que la diversité des cultures dans une AMAP demande beaucoup de travail, et qu'en moyenne le producteur doit disposer de deux hectares cultivés pour produire cinquante paniers.

A.Gr © Dernières Nouvelles d'Alsace - 2.10.2009