Comment en sommes-nous arrivés là ?

Jusqu'au début du XXe siècle la proportion de protéines végétales et de protéines animales dans notre alimentation était respectivement de ¾ et de ¼. Aujourd’hui, nous sommes arrivés à l’inverse. Pour deux raisons principales :

  • Sociologique. La viande rouge a été associée à un aliment des jours de fête, des gens riches. Depuis que nous avons plus d'argent et que la viande est devenue bon marché, nous en avons banalisé la consommation
  • Pour des mauvaises raisons scientifiques. Jusqu'au milieu du XXe siècle, la viande était assimilée à l’apport de fer dans notre alimentation

On sait aussi selon le type de viande (veau, bœuf, porc, poulet) qu’il faut entre 5 à 15 fois plus de surface pour les produire par rapport à la production de protéines végétales. Notre mode d'alimentation actuel n'est pas généralisable et pas durable. Le problème, ce n'est pas de manger ou de ne pas ne manger de la viande, c'est la place qu'elle tient dans nos repas par rapport aux autres aliments. Aujourd'hui, la majorité des diététiciens sont d’accords sur le fait qu'il faut manger une base végétale (céréales, légumineuses, fruits) et la compléter avec des produits animaux pour être en bonne santé.

L’élevage industriel; une activité gourmande en énergie et en ressource naturelle

A l’origine des problèmes environnementaux liés à l’élevage industriel on trouve la concentration d'animaux sur une même exploitation, la manière dont on les élève et on les nourrit. Les ruminants sont naturellement des herbivores (mangeur d'herbes). Hors aujourd’hui, la production industrielle utilise très peu d'herbe, surtout du maïs d'ensilage, des céréales, et des protéines (du tourteau de soja, importé d'Amérique du sud) dans l’alimentation des animaux. Les aides de la Politique Agricole Communes (PAC) européennes favorisent cette logique productiviste. Une vache qui ne mange que de l'herbe produit entre 5000 et 6000 litres de lait par an, alors qu'avec des céréales, on arrive à 10 000 litres par an. Pour faire gagner 1,5 kg par jour à un bœuf, l'herbe ne suffit pas. Le périmètre de l'élevage s'est accru de façon exponentiel. Dans le monde, 33% des terres cultivées servent à produire les céréales qui sont destinées à l'alimentation des animaux, en France, entre 40% et 50%. Si ces surfaces étaient destinées à l’alimentation humaine on serait aujourd’hui en sur-production. Avant que l'on se mette à fabriquer des viandes en quantité industrielle les élevages en France étaient surtout concentrés en moyenne montagne ou en zone humide sur des espaces où ne pouvait pousser que de l'herbe. La polyculture étaient la règle; de l’élevage (vaches laitières) auquel était associé une production végétale. Le rendement était garanti par le fumier qui était utilisé comme fertilisant couplé à une rotation des cultures. L'élevage de bovins en plaine pour la viande uniquement n'existait pas.

Les animaux sont de mauvais transformateurs de protéines végétales

Un bovin consomme 10 kg de protéine végétale pour fabriquer 1kg de ses tissus, le porc c'est 4 à 5 kg de protéine végétale pour 1kg de viande. Un steak de 150 g (issu d’une production intensive) dans l'assiette, et on multiplie par 10 notre consommation d'eau de la journée. C'est principalement l'eau qui a été utilisée pour arroser le maïs. L’impact sur le réchauffement climatique

  • 1/3 de l’effet de serre en France trouve son origine dans ce que nous mettons dans notre assiette
  • 1kg de viande produit entre 10 et 50 fois plus de gaz à effet de serre qu' 1kg de protéine issue de végétaux

La fabrication de l’azote de synthèse

C'est l'invention, avant les OGM agricole, qui a eu le plus de conséquences dans la détérioration de l’environnement. C’est le facteur principal du rendement dans les cultures :

  • plus besoin d'avoir d’animaux pour le fumier d’où le développement de la monoculture
  • le développement de la monoculture a entraîné l’utilisation du désherbage chimique
  • qui est la cause de la multiplication des parasites due au traitement chimique

L’azote est présent dans 79% de la composition de l'air mais toutes les plantes ne savent pas utiliser sous cette forme. Seules certaines bactéries savent le faire, soit seules (fixateur libre), soit en symbiose avec les plantes et notamment les légumineuses. Pour trouver l'azote nécessaire aux plantes, avant que l'on fabrique chimiquement de l'azote (synthèse de l'azote industrielle) il fallait :

  • cultiver des légumineuses
  • rendre au sol l'azote par les déjections et le fumier

Les GES et la fabrication de l’azote de synthèse

  • il faut 1,4 tonne de pétrole pour fabriquer une tonne d'azote sous forme d'engrais par combustion (d’où les émissions de CO2)
  • les dérivés chimiques dans le processus de fabrication : ammoniaque, nitrate, urée,... et au passage on fabrique du protoxyde d'azote qui s'échappe dans l'air
  • la terre qui est traitée avec ces engrais, émet plus de protoxyde d'azote, normalement 1-2kg par hectare, dans l'agriculture intensive 2 à 3 fois plus

L’exemple le plus symptomatique des effets négatifs sur l’environnement du cycle de l’azote : l’élevage de porc en Bretagne. On fixe de l'azote industriel pour faire de l'engrais (en utilisant du pétrole), avec ces engrais on fait pousser des céréales, avec lesquels on nourrit les porcs, qui produisent du lisier, qui sont eux-mêmes très riches en azote qui retourne dans l’atmosphère après épandage.

Des pistes pour manger équilibré sans nuire à notre environnement et ne pas favoriser le réchauffement climatique :

  • Composer des menus dans lesquels la part de protéines végétales est majoritaire
  • Consommer des viandes produites localement, dans des exploitations de moyennes montagnes, et « bio » si possible
  • Manger 5 fruits et légumes produits sans pesticides
  • Composer des plats équilibrés en protéines en combinant légumineuses et légumes
  • Composer des menus en fonction des saisons

Le projet d'AMAP Grain s'inscrit dans cette démarche :

À partir du mois d'avril 2011 nous lancerons une « Amap Grain » sur les sites de distribution de la Krutenau et de la gare.

Arsène Bingert, paysan d'Erstein, cultive une certain nombre de céréales et du soja en Bio-dynamie. Il nous proposera sous forme de farine ou de grain,

  • du seigle
  • de l'épeautre
  • du sarrasin
  • du soja en grain

Les modalités d'inscription sont encore en cours d'élaboration.

À partir de là à vous de jouer en confectionnant à partir de graines de soja des apports en protéines avec

  • du lait
  • du tofu
  • graines germées

et de nombreux autres mets tels que des cookies, des galettes salées, ...

Plus généralement nous vous proposerons aussi de transformer des grains de seigle et d’épeautre en flocons ce qui vous permettra de les proposer à vos petits déjeuner ou bien en repas avec des légumineuses.

Pour la Carotte sociale et solidaire, Manuel Santiago

Annexes

Note dÕopportunitŽIII.doc

Note dÕopportunitŽIII.doc

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