Comme l'année dernière, la ferme de Malplaquet a accueilli ce dimanche une rencontre entre «Amapiens» et paysans producteurs, organisée par l'association «La carotte sociale et solidaire» et animée par Manuel Santiago. Rappelons qu'un Amapien est un consommateur ayant adhéré à une Amap, association pour le maintien de l'agriculture paysanne. Des groupes de consommateurs s'engagent à acheter un «panier» qui est souvent hebdomadaire et à la composition variable, qui peut être à base de légumes, fruits, fromages, viande ou oeufs, payé à l'avance pour une période définie. Il s'agit donc d'un contrat solidaire entre les consommateurs et les producteurs qui y trouvent un débouché régulier au juste prix et donc une amélioration de leur capacité d'autofinancement.

Daniel Starck travaille sur des variétés anciennes comme le blé rouge d'Alsace

Parmi les intervenants, Daniel Starck installé à Seebach, produit des céréales et du pain bio. Il travaille sur des variétés anciennes comme le blé rouge d'Alsace, avec lequel il aimerait faire du pain, qui pourrait être labellisé «pain rouge d'Alsace». Vincent Schotter, quant à lui cultive des légumes et propose des oeufs bio. Sa production part en Amap, ce qui lui permet de vendre, et d'investir doucement, car il a actuellement la contrainte de travailler en plein champ, et les aléas climatiques limitent sa production. En attendant le montage d'une serre de 2 500 m² qui lui permettra de travailler correctement, il s'arme de patience. Il prépare également une offre de panier de viande de porc, avec des abonnements de trois mois. Sachant qu'une carcasse de porc pourra garnir 13 paniers, le montant de celui-ci est envisagé au prix de 55 €. Il y avait aussi Rémi Picot de Pfaffenhoffen, éleveur d'agneaux en biodynamie, forme d'agriculture qui veut assurer la santé du sol et des plantes pour procurer une alimentation saine aux animaux et aux hommes. Il élève les agneaux en bergerie et les adultes sont en pâturage. La transformation ne lui permet pas de bénéficier de l'appellation bio, puisque l'abattoir d'Haguenau ne peut y satisfaire. Il lui faudrait se rendre à l'abattoir d'Holtzheim, ce qui entraînerait l'obligation d'utiliser un véhicule frigorifique, compte tenu du temps de transport. Un autre sujet d'importance pour Rémi Picot : la vaccination obligatoire. Si quelques une de ses bêtes ont subi la fièvre catarrhale ovine en 2007/2008, elles ont été soignées par homéopathie, et depuis « il n'y plus de cas relevé dans le cheptel », assure-t-il. Avec d'autres éleveurs dont André Durrmann, qui fut poursuivi au tribunal d'instance de Sélestat, il refuse la vaccination obligatoire, car les vaccins contiennent des adjuvants au mercure. Enfin, Martin Reutenauer de la ferme Malplaquet, déclara qu'il « envisage de rentrer dans la zone Amap », précisant qu'« aux USA un fort développement d'un concept identique avait contribué au financement des petites fermes ».

En clôture de cette rencontre au cours de laquelle les consommateurs ont pu s'approcher de la vie et des problèmes des petites exploitations, Manuel Santiago a répondu à une demande d'élargir le nombre de produits proposés dans les paniers, en précisant que ce sujet est lié à la logistique. Mais surtout, que « pour avoir plus de produits, il fallait plus d'engagement du consommateur Amapien ».

A.Gr. http://www.dna.fr